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10/09/2005
Le Risque Zéro n’existe pas !

Suite à mon article "Les Rois et moi", j’ai reçu plusieurs messages et des questions tournant autour de "Mais pourquoi avez-vous engagé votre tapis ?...Sur quels éléments ?...N’était-ce pas trop dangereux ?...Ne valait-il pas mieux attendre une situation plus favorable ?..."

Je saisis l’occasion pour aborder le thème capital du jugemement et de la prise de décision dans un tournoi de No Limit.

Commençons par un exemple extrême : vous êtes à un stade avancé du tournoi, avec un tapis au-dessus de la moyenne et vous découvrez... [A-K][A-T]

Un autre joueur qui possède encore plus de jetons que vous dit :"TAPIS !".

C’est la situation idéale dont nous rêvons tous et donc vous payez en courant ! Pourtant vous prenez un risque car vous n’êtes pas sûr de gagner.

Même s’il a la plus mauvaise main de départ possible, du genre : [7-P][2-K], l’ordinateur vous dira que vous n’avez que 87,5% de chances de sortir vainqueur de la confrontation. Autrement dit, vous allez être ÉLIMINÉ UNE FOIS SUR HUIT avec un sentiment de frustration énorme. Et l’envie d’étrangler "ce guignol" de vos propres mains.

Cette situation n’est que l’illustration du théorème de base du tournoi de No Limit : LE RISQUE ZÉRO N’EXISTE PAS !

On peut même dire -vous le découvrirez par vous-même avec l’expérience- que l’attitude la plus dangereuse en tournoi de No Limit est de refuser de prendre des risques.

Tout le problème est donc de savoir quand et comment les prendre. Et là, ça se complique car vous n’allez pas toujours être confronté à des décisions aussi simples que celle exposée plus haut. Il va falloir analyser la situation avec sang-froid et lucidité, en tenant compte de multiples éléments, puis évaluer si les probabilités sont suffisamment favorables pour risquer le tapis. Prenons tout ceci dans l’ordre :

- Avoir les moyens d’analyser la situation avec sang-froid et lucidité...

Dans les situations violentes, quand il s’agit d’engager le tapis, les joueurs moyens se divisent en deux catégories :

Ceux qui ont peur et qui auront tendance à se trouver une ou plusieurs bonnes raisons de ne pas y aller car, au moins, ils sont sûrs ainsi de rester en vie. C’est humain. Ils se cacheront volontiers derrière le proverbe :"Qui veut voyager loin ménage sa monture !". Au poker, ce n’est pas la bonne approche.

A l’opposé, il ya les casse-cou et les couillus, ceux dont la nature profonde est de ne jamais se laisser marcher sur les pieds. Pour eux, pas d’état d’âme :"Quand faut y aller, faut y aller !..." et, se disent-ils :"la peur n’évite pas le danger !". Ce n’est pas non plus la meilleure des méthodes.

Le bon joueur, lui, ne s’en remet ni aux proverbes ni aux aphorismes pour prendre ses décisions. Il sait qu’il doit analyser froidement toutes les données et paramètres de la situation. Pour cela, il doit avant tout être "bien dans sa tête". Apprendre à connaître son tempérament de base, quel qu’il soit, craintif ou téméraire. Puis travailler pour le maîtriser de manière à ne pas être submergé ni même entamé par ses émotions dans les moments de pression.

Si vous n’êtes pas encore expérimenté, il faut du temps : lisez, observez les champions à la table, répertoriez un maximum de schémas techniques. Cela vous permettra d’acquérir de plus en plus d’automatismes et ainsi de libérer votre esprit et vos sens pour faire face à des problèmes de plus en plus complexes...

- Tenir compte de tous les éléments

Vous êtes donc dans la bonne configuration mentale et, autre point important, vous êtes en forme. Pas question de jouer un tournoi si vous êtes surmené ou fatigué. Le poker est un sport, soyez-en persuadé !...

Je vous livre ici les points essentiels sur lesquels va se forger votre décision. Je ne peux que les énoncer,évidemment sans entrer dans le détail de l’analyse car cela prendrait plusieurs volumes... Que d’ailleurs d’autres ont écrit avant moi et auxquels je vous renvoie (les livres de Doyle Brunson, David Sklansky et surtout Dan Harrington, pour ne citer qu’eux).

Voici donc une petite "CHECK-LIST" :

*La valeur de votre main de départ.

*La connaissance du schéma technique : avez-vous déjà rencontré la même situation dans le passé ? Que disent les livres sur ce problème ?...

*Le montant de votre tapis (tenez compte davantage de sa valeur par rapport aux blinds que de votre position par rapport à la moyenne des jetons en circulation).

*Votre position par rapport au bouton.

*La position de votre adversaire.

*Le montant de son tapis.

*Ce que vous connaissez du style de votre adversaire.

*Si vous jouez un tournoi en live, ce que vous avez observé de ses réactions et de ses "tics" auparavant.

*Ce que vous "lisez" en lui sur le moment.

*ETC. (c’est-à-dire tout ce qui ne me vient pas à l’esprit en ce moment, que j’ai oublié ou simplement ce que je ne connais pas encore)

- Évaluer si les probabilités sont favorables

Tous ces éléments vont vous servir à déterminer si vous devez ou non engager votre tapis et donc votre survie dans le tournoi.

Il est bien entendu que je ne développe pas ici la notion de bluff, qu’il faut évidemment prendre en compte chez vous comme chez votre adversaire. Sachez seulement que le bluff est affaire de courage, certes, mais aussi de technique : il vous faut, pour tenter un bluff, évaluer la main de votre adversaire, tenir compte du déroulement du coup et analyser si le moment est favorable psychologiquement ET techniquement !

Pour le reste, votre analyse (basée sur tous les paramètres que j’ai évoqués) doit vous aider à répondre aux questions suivantes :

*Suis-je favori, en terme de probabilités, pour gagner ce coup ?

*Je ne suis pas favori mais la cote proposée est-elle suffisamment intéressante ?

Si la réponse à la première question est oui, il faudra, dans la plupart des cas, monter au feu. Et espérer sortir vainqueur, avec plus ou moins de chance selon que votre analyse était juste ou pas...

Pour la deuxième question,il faut calculer plus concrètement.Je vous donne un exemple :

Blinds sont 300-600. Votre tapis est de 8500. Vous avez le bouton. Tout le monde passe jusqu’à vous et vous avez : [A-K][8-K]

La main est correcte et la position favorable donc vous relancez. Supposons que vous fassiez 2000. Le petit blind passe et le gros blind paye. Le pot est de 4300 à ce stade. Le flop : [10-K][9-T][7-K]

L’adversaire dit :"check" et, fort de votre As, de votre tirage couleur et de votre tirage quinte bilatéral, vous misez, admettons, 3000. C’est assez logique puisque vous avez un beau tirage et surtout parce que vous allez remporter le pot sans souffrir si votre adversaire passe, ce qui arrivera souvent.

Le coup se complique quand le type (on l’appelle toujours comme ça quand il nous met dans une situation délicate...) envoie son tapis ! Lui avait plus de jetons que vous au début du coup, donc il vous faut prendre une décision de vie ou de mort !

D’abord, du calme. Pas de réaction du genre :"Je le savais, de toutes façons je n’ai jamais de chance...". Pas de précipitation non plus, ne vous dites pas sans réfléchir :"Allons-y Alonzo !". C’est le moment d’étudier la situation.

D’abord il semble évident que vous n’avez pas la meilleure main à ce stade du coup, l’adversaire ayant très probablement au moins une paire, voire deux, voire un brelan. Mais il n’a probablement pas une quinte car, sauf si vous êtes tombé sur un malade, il n’a pas suivi votre relance avant le flop avec V-8 ni avec 8-6 (Vous raisonnez sur des probabilités et non sur des certitudes, ne l’oubliez pas !).

Quelles sont alors vos chances de gagner ?...Un 6 ou un Valet vous donnent une quinte, n’importe quel [0-K] vous donne la flush max et un As peut également suffire. Cela fait 18 outs en tout. "Au poids", réduisons le total à 15 puisque si la quinte et la couleur seront sûrement gagnantes, l’As ne le sera peut-être pas et il arrivera aussi parfois que le 9[0-K] donne un full à l’adversaire...

Pour calculer votre probabilité de gain quand il reste 2 cartes à venir, comptez 4% par out. Ici, 15x4=60%. Ensuite vous retirez la différence entre votre nombre de cartes et 8.... Donc 60 - (15-8)= 53%.

C’est une formule approximative mais qui est assez fiable dans la pratique.

Vous semblez bien être le favori de ce coup. Mais vous avez pu vous tromper dans cette estimation, notamment vous n’avez pas pris en compte les cas où l’adversaire fait un full (qui gagne même quand vous tirez quinte ou couleur) ni celui où il a déjà la quinte. Cela nous lancerait dans des calculs trop complexes qu’il est rarement possible de faire précisément à la table...

Il est plus facile en revanche-et indispensable- de calculer la cote. Ici, le pot était de 4300. Au flop vous avez misé 3000 de plus. L’adversaire met ces 3000 et relance à hauteur de votre tapis, soit 3500 de plus.

Vous devez envisager de mettre vos derniers 3500 pour gagner 13800 de plus.

Votre espérance de gain est donc de 4 fois la mise demandée. Une configuration où il vous suffirait d’avoir un peu plus d’une chance sur 4 de gagner pour que ce pari soit profitable statistiquement. Or vous avez précédemment estimé vos chances à plus d’une sur 2. Même si cela s’avérait une estimation optimiste, il faut payer sans état d’âme. En résumé, votre espérance de gain est de 400% alors que vous avez beaucoup plus d’1 chance sur 4 de gagner.

Ce long exposé, sans doute un peu fastidieux, nous permet maintenant de répondre en connaissance de cause à la question de départ concernant mon élimination du tournoi WCOOP. Je rappelle la situation :

- Blinds 300-600, ante 50.
- J’ai 30 000 devant moi.
- Je relance 1800 avec [R-C][R-K]
- Un joueur me dit :"TAPIS !"
- Tous les autres passent.

Il me semble clair, en tout cas très très improbable, que ce joueur ait A-A. Sur 1800, auriez-vous envie de faire tapis avec A-A ? Moi pas...Et je crois que personne dans cette situation ne chercherait à faire fuir le pigeon !...

Il est infiniment plus vraisemblable que le joueur qui dit tapis possède D-D, V-V, A-R ou même R-R comme moi. S’il a une paire inférieure, j’ai plus de 80% de chances de gagner. Et s’il a un As, plus de 2 chances sur 3. Vu que le pot comporte déjà 900 de blinds, 400 d’ante, plus les 1800 de ma première relance, il faut absolument payer.

Si mes explications vous ont paru claires( ?) à défaut d’être brèves, ce coup devrait maintenant vous sembler évident...

MIK22



> Le Risque Zéro n’existe pas ! 12 septembre 2005

Au sujet de : "Pour calculer votre probabilité de gain quand il reste 2 cartes à venir, comptez 4% par out. Ici, 15x4=60%. Ensuite vous retirez la différence entre votre nombre de cartes et 8.... Donc 60 - (15-8)= 53%."

D’ou vient ce 8 que tu soustrais ?


> Le Risque Zéro n’existe pas ! 11 septembre 2005

Enfin des explications claires avec un petit calcul rapide des odds et pots-odds.

Merci Michel.

Rodolphe_visiteur_régulier


> Le Risque Zéro n’existe pas ! 10 septembre 2005

Tres sympa ton blog ! Je fais le PLHE de ce soir ... je vois que toi aussi. A tout à l’heure peut etre ;)

Hubyone hubert@ttali.net






NEWS

Perf française aux WCOOP

Octobre 2008 18:26
Aux World Championships Of Online Poker, organisés comme chaque année par le site Pokerstars, le Français "BOLLPOKER" s’est adjugé la 8ème place du Main Event (sur 2185 joueurs !) et la somme de 196 650$. Jolie performance de celui qui n’est autre que Thierry Bolleret, directeur du poker au Cercle Wagram.

Le succès de Cannes

Septembre 2008 00:50

La finale du Partouche Poker Tour qui vient d’avoir lieu du 3 au 7 septembre, au casino Palm Beach de Cannes, a tenu toutes ses promesses : 479 joueurs, un prize pool de plus de 3 Millions d’euros, une organisation sans faille, une couverture médiatique sans équivalent et la présence de nombreuses stars internationales, dont Phil Ivey, Chris Ferguson, Erica Schoenberg, Evelyne Ng, David Williams, les frères Mizrachi, Sorel Mizzi, le "Great Dane" Gus Hansen, Glen Chorny (vainqueur de l’EPT Monte Carlo), Juha Helppi,... Côté français, aux côtés de nombreux joueurs issus des satellites de qualification, les meilleurs s’étaient aussi déplacés : David Benyamine, Patrick Bruel, Jan Boubli, Fabrice Soulier, Pascal Perrault, Thomas Fougeron, Paul Testud, Emile Petit...et le Team Winamax presque au complet, prêt à entamer une nouvelle saison sur les chapeaux de roue !

Alain Roy, ou comment...
transformer 125€ en 1 million

A l’arrivée pourtant, après 4 journées marathons (dont un day 3 qui aura duré seize heures), c’est un outsider, le sympathique Montpelliérain Alain Roy qui remporte le plus grand tournoi français à ce jour...

1-Alain Roy

2-Claudio Rinaldi (Suisse) 511 000€

3-Antonin Teisseire 335 000€

4-Stéphane Bazin 225 000€

5-Philippe Narboni 156 000 €

6-J-Ph. Rohr 123 000€

7-Brice Cournut 105 500€

8-MIK.22 78 000€

9-Gus Hansen 58 000€

Patrick Bruel et Michel Abécassis
discutent stratégie pendant un break

"KING 5" :
100 000$ de prix

Avril 2008 23:32

100 000$ à gagner dans un tournoi 100% gratuit : c’est le challenge offert par winamax.net pour le "KING 5", le premier championnat de France par équipes de 5 joueurs.

Début de l’épreuve le 20 mai, grande finale le 8 juin. 5 000 joueurs (1000 équipes) sont attendus, dont plusieurs équipes de stars. Les 10 premières équipes seront primées...Et les 5 vainqueurs remporteront un séjour au Bahamas, avec pour chacun l’inscription au tournoi mythique de l’EPT !

Inscrivez-vous vite sur winamax.net ou demandez plus d’infos à Jérémy, le Gentil Organisateur !



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